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Clickelnet à 10h50
pendant The producer tittle (chanson censurée)
Bonjour mes gins, bonjour tertous !
Excellent jeudi fait-rien de l'Appel à Tarte caniculaire. Ch'est du tout bon, cha.
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Kongsbreen à 03h38
pendant Taxi de nuit
Un grand plaisir de retrouver ce titre de Guy Marchand.
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FlyingSushi à 22h55
pendant Mon café russe
Un bien joli pavé ma foi.
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Trocol Harum à 22h46
pendant Demain, il sera trop tard
La véritable histoire de la pelle du 18 juin.
Si la pelle du 18 juin faite par un certain De Gaulle, Charles un placier qui travaillait au restaurant de l'Etoile à Paris, est entré dans l'histoire, le nom de sa partenaire est resté ignoré du grand public. Mais ce n'était qu'un début, car la vraie, l'unique pelle historique est celle du 14 juin 1942, même si quelques années plus tard, en 1976, certains illuminés tenteront d'en reprendre le mégot.
Son origine remonte à la guerre de Quatorze, la Grande ou la Der des Ders, lorsqu'un certain Gérard, que l'on surnommait Lenorman, sans D, allez savoir pourquoi, fut appelé sous les drapeaux.
Le brave Gérard, un peu benêt, enrhumé chronique et complètement myope, se retrouva sur le front du côté, non de chez Swann, mais plus à l'Est vers Verdun.
Au retour d'une énième tentative de percement des lignes ennemies, Gérard perdit de vue ses camarades et il erra de tranchées en tranchées jusqu'à ce que, d'épuisement, il s'endorme. Un beau jour ou peut-être une nuit, près d'une flaque de boue, il s'était endormi, quand soudain, semblant crever le ciel, et venant de nulle part, surgit un éléphant rose. Il faut dire qu'avant l'assaut, Gérard et ses copains avaient passé quelques heures dans un cabaret où deux célébrités alors quasi inconnues, Lama et Delon, servaient à boire aux soldats qui remontaient vers le front.
Gérard ouvrit les yeux et s'aperçut que l'abus d'absinthe avait colorié l'éléphant volant en rose alors qu'il était tout simplement vert-de-gris. Comme quoi l'alcool vous fait croire des choses quand même, un éléphant volant rose ! Tout le monde sait bien qu'ils sont vert-de-gris. Lentement, les ailes déployées, lentement, il le vit tournoyer. Près de lui, dans un bruissement d'ailes, comme tombé du ciel, l'éléphant vint se poser. De sa grosse patte, il a touché sa joue, dans sa main, il a glissé son cou.
Gérard se rendit alors compte qu'il tenait dans ses bras une imposante dame blonde, ce qui n'avait rien d'étonnant en soi, car il se trouvait sur le chemin des Dames. Cette matrone, c'était Gretel, une cantinière allemande, que tout le monde, enfin du côté allemand, surnommait la Grosse Bertha. Comme elle souffrait de flatulences chroniques, les officiers allemands la plaçaient, lorsque le vent soufflait vers les positions françaises à la limite de celles-ci. Très respectée, car elle était la première arme chimique, elle se sentait toutefois bien seule.
Le couple nouvellement formé s'étendit sur les pelisses mélangées, bleu, garance et vert-de-gris. Gretel parla de son enfance, de son père bucheron, des promenades dans la forêt avec son frère Hansel, de la maison en pain d'épice et de la vielle femme qui mangea son frère. Gérard lui raconta la Normandie, les vaches rousses, blanches et noires sur lesquelles tombe la pluie, et les cerisiers blancs made in Normandie. Une mare avec des canards, des pommiers dans la prairie et le bon cidre doux made in Normandie, les œufs made in Normandie, les bœufs made in Normandie, un p'tit village plein d'amis. Et puis les filles aux joues rouges qui donnent aux hommes de là -bas, qui donnent aux hommes de l'amour, l'amour made in Normandie.
Mais l'aube approchait, Gretel ne voulait plus quitter Gérard, mais comment faire, ils étaient comme un petit poisson, un petit oiseau. Ils s'aimaient d'amour tendre, mais comment s'y prendre quand sur le chemin des Dames, l'une est Allemande et l'autre Français.
Gretel eu une idée, elle déshabilla rapidement un soldat allemand dont le cadavre pourrissait dans le coin, en vêtit Gérard et lui dit, qu'il s'appellerait Hans et que désormais il devrait répondre simplement Jawohl dès qu'un officier l'appellerait. Elle remit notre nouvel Hans, anciennement Gérard, du bon côté, enfin de son nouveau bon côté, et regagna sa position. Ils devaient se retrouver au même endroit au milieu de la nuit prochaine.
La journée se passa bien pour notre nouvel Hans mais le soir arrivant un drame se préparait dans le brouillard qui peu à peu recouvrait les tranchées.
A l'heure de l'apéro, les soldats français avaient inventé un nouveau jeu. Ils se mettaient en position de tir face aux tranchées allemandes. L'un d'eux criait alors Hans. Cela ne manquait jamais, du côté allemand, une tête se levait dans la brume criant Jawohl et un Français tirait. Le gagnant remporte alors un quignon de pain moisi. Et ce soir-là , lorsque l'ancien Gérard entendit crier Hans, fidèle aux consignes données par Gretel, il se leva et cria Jawohl. Quelques instants plus tard, un soldat, jeune, bouche ouverte, tête nue, et la nuque baignant dans la pourriture de la tranchée, dormait, il était étendu dans la boue. Il dormait sous la lune, la main sur sa poitrine, tranquille. Il avait un trou rouge au milieu du front.
Inconsolable, Gretel, la grosse Berta, fût rapatriée en Allemagne. Elle ignorait encore qu'elle ramenait un polichinelle dans l'tiroir, une brioche dans le four quoi.
Un bébé naquit à Leidenstadt auquel Gretel, dont le nom de famille était Stange, donna le prénom de Charles.
Les années passèrent…
Charles, passionné de pêche à la ligne, était devenu un homme de bonne taille au point que ses copains le surnommaient, Doppelt Stange, pour souligner à la fois sa passion et sa grande taille. Charles qui, en souvenir de son père, qu'il n'avait pas connu, avait appris le français et qui ne rêvait que de revoir sa Normandie, préférait qu'on l'appelle Charles Double Gaulle.
Les années passèrent encore….
Charles, en l'honneur de son père soldat, s'engageât dans la Wehrmacht. Il se rêvait cuirassier chevauchant un grand cheval noir et chargeant dans l'aube blanche d'un petit matin, sa cuirasse étincelant sous les premiers rayons du soleil et le sabre brandi à bout de bras fracassant les cranes ennemis. Las, il se retrouva au guidon d'une Zündapp avec, dans le side-car à son côté, son copain Hans (Hans était toujours un prénom très répandu dans l'armée allemande) qui veillait sur le fusil-mitrailleur.
Et puis ce fut la guerre, l'attente longue, fastidieuse, et soudain, le Blitzkrieg. A toute allure, la traversée des Ardennes, puis celle du Nord-Est et l'arrivée à Paris. Charles Double Gaulle et son camarade Hans ne rencontrèrent même aucun soldat français, tous partis rapidement. Tout au plus, Hans pu s'amuser à tirer quelques balles sur des civils apeurés qui s'enfuyaient devant l'armée allemande mais s'étaient fait rattraper sur la route par la patrouille tout aussi allemande.
Au loin de l'autre côté de la Manche, un 18 juin, un presque homonyme, lança un appel, mais Charles Double Gaulle, au guidon de sa moto, le vent sifflant dans ses oreilles, ne l'entendit pas.
Et ce furent les années heureuses de l'occupation, n'oublions pas que Charles était allemand. Et qu'il était né en 15 à Leidenstadt, sur les ruines d'un champ de bataille. Était-il meilleur ou pire que ces gens, puisqu'il était allemand ? Bercé d'humiliation, de haine et d'ignorance, nourri de rêves de revanche, a-t-il été de ces improbables consciences, larmes au milieu d'un torrent ? Ben non, lui qui avait rêvé de chevauchées fantastiques dans les steppes de Russie ou, avec Rommel, dans le désert de Lybie, il occupait Charenton. Sa seule consolation, lors de ses perms, taquiner le goujon sur les bords de Seine.
Les années passèrent, encore et encore … (C'est fou ce qu'elles passent les années !)
Et cette pelle alors ? Elle arrive, elle arrive.
Et arriva l'été 42, Charles s'ennuyait ferme en ce beau mois de juin. Alors qu'il revenait de la pêche et marchait dans Charenton, un beau matin, une belle jeune fille rousse lui tomba dans les bras au détour d'un coin de rue. Un homme la poursuivait, que Charles mit rapidement en déroute. Il vit en s'enfuyant que l'homme portait un blouson avec floqué sur le dos l'inscription « GESTA » et en dessous « piste ». Il s'agissait d'un mauvais garçon nommé Lacombe, Lucien, qui travaillait comme garçon de piste au cirque GESTA installé sur la pelouse de Reuilly, ses copains le surnommant Lucien le Gestapiste comme son blouson. La jeune femme, qui se nommait, France, Aimée, Victoire, Désirée Horn, expliqua qu'elle travaillait comme caissière dans le même cirque que Lucien. On l'appelait d'ailleurs le Grand Cirque car il était dirigé par Pierre Clostermann, un ancien aviateur. Lucien la poursuivait de ses avances, soupçonnant qu'elle fût un peu juive et eu dû porter l'étoile jaune.
France craignait que Lucien ne revienne avec sa bande, enfin son copain Renaud car Pierrot avait eu les deux jambes écrasées dans un accident de moto, Riton avait pris une balle dans le buffet et un autre, dont on a oublié le nom, pourrissait à la santé pour avoir craché sur un greffier. Charles émerveillé par la longue chevelure de feu de France, proposa de la raccompagner.
France l'entraîna en courant le long des ruelles de Charenton, et prit un raccourci en traversant l'usine abandonnée des Beaux Bretzels de Charenton, la BBC. Ils arrivèrent dans l'ancien bureau du chef d'équipe, avec un pupitre au-dessus duquel un micro, qui servait à transmettre les ordres à l'atelier, pendait du plafond. France heurta l'écritoire, et tomba dans les bras de Charles. Comme dans un autre temps, une autre guerre entre Gérard et Gretel, ce fut le coup de foudre entre France et Charles.
Un long baiser les unis, en ce 18 juin, sous le vieux micro de la BBC. Ce fut la pelle du 18 juin. La vraie, la seule, l'unique. La grande galoche, le monstrueux patin, un suçage de caillou comme jamais vu, un roulage de calot d'anthologie.
Quelques années plus tard, un certain Robert Doisneau, voulu immortaliser la scène et il revint sur les lieux avec deux acteurs, mais l'éclairage n'étant pas bon, il se transporta à l'air libre et la fameuse photo qui devait se nommer « La pelle sous le micro de la BBC » fut renommée « Le baiser de l'Hôtel de Ville ».
Que devinrent Charles Double Gaulle et France, Aimée, Victoire, Désirée Horn ? Leurs destins furent tragiques.
Le 16 juillet 1942 au matin, Lucien le gestapiste, se rendit chez France pour se saisir de son corps. Elle parvint à s'enfuir par les caves et à sauter dans un taxi. Elle demanda au chauffeur de la conduire rapidement chez sa tante, qui habitait dans le XVème, et au domicile de laquelle elle comptait se cacher. Arrivé rue Nélaton, le chauffeur fut surpris par un tas inhabituel de bus qui déversaient des passagers devant le Vel d'Hiv à cette heure incongrue. Il freina, le véhicule se déporta et heurta le mur du Vel d'Hiv, son gazogène s'embrasant instantanément. Une petite fumée blanche qui montait vers le ciel fut la toute dernière trace de France.
Quant à Charles, désespéré, il demanda une affectation au front. Il fut envoyé en Libye, en Italie, puis au fur et à mesure des défaites, mais à son grand bonheur, affecté en Normandie où il arriva en chantant où il arriva en parodiant une chanson de Frédéric Berat, « J'ai fait le désert de Libye, dans une jolie voiture blindée, et sous le ciel de l'Italie, j'ai visité tous les musées, mais en traversant ces patries, je me disais, aucun séjour n'est plus beau que la Normandie. C'est un pays où je reviens toujours, c'est un beau rêve qui me hante, et qui hantait mon père aussi (mon cher monsieur). Dans cette campagne charmante, je voudrais avoir un logis, un vieux blockhaus pour la famille que j'aurais eu avec France. » Plus tard, un groupe de chanteurs reprendra à la fois la chanson et pour, ne plus avoir de Problèmes, utilisera aussi le nom des Charlots. Un hommage à Charles ?
En mai 1940, Charles fut affecté dans un blockhaus, à la pointe du Hoc où il passa quelques jours tranquilles, se remettant même à la pêche. Un matin de juin, alors qu'il partait avec ses deux gaules, il sortit en croisant à la ferme voisine Julien qui préparait le troupeau, dans la cuisine, Marie-Martine qui venait d'allumer les fourneaux et la vieille Louise qui était assise, elle, réchauffait ses pauvres mains.
Quand soudain se tournant vers la mer, il aperçut dans l'aube sale (dans les récits allemands, l'aube du 6 juin est toujours sale, alors que dans les récits américains, elle est radieuse), au loin, les Américains. Ils sont tombés du ciel, comme s'ils avaient des ailes. Ils apportaient un air de liberté. Ils venaient de Virginie, d'Oklahoma, du Tennessee, le jour le plus long les attendait ici.
Charles, abandonnant ses deux gaules, se précipita vers le blockhaus hurlant, « Sie Komen ! ». Les premiers obus tombèrent, Charles Deux Gaulle fut enveloppé de flammes. Une petite fumée blanche qui montait vers le ciel fut la dernière trace de Charles Doppelt Stange. Si quelqu'un avait bien observé à ce moment, il aurait remarqué que la petite fumée en avait rejoint une autre surgie de nulle part. Charles et France étaient à nouveau réunis montant vers le soleil dans les éclairs des explosions. C'est beau hein !
Emprunts :
« Hansel et Gretel », conte des frères Grimm ;
« Made in Normandie », chanson de Stone & Charden ;
« Le dormeur du Val », sonnet d'Arthur Rimbaud ;
« Lacombe, Lucien », film de Louis Malle avec Aurore Clément (France Horn) et Pierre Blaise (Lucien Lacombe) ;
« Né en 17 à Leidenstadt », chanson de Jean-Jacques Goldman ;
« La bande à Lucien », chanson de Renaud ;
« Le grand cirque », livre de Pierre Clostermann ;
« Le baiser de l'Hôtel de Ville », photographie de Robert Doisneau ;
« J'irais revoir la Normandie », chanson des Charlots (ex Problèmes) et parodie de la chanson de Frédéric Bérat, « Ma Normandie » ;
« Jour J » chanson de Jean-Pax Mefret ;
« Sie komen ! », livre de Paul Carell ;
« La fumée blanche », prêtée par le Pape (doit être rendue à sa mort, son successeur en aura besoin).
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Claude Bukowski à 20h48
pendant Gros chagrin
Comme le savant fou français, grosse tristesse d'avoir perdu le maître d'armes. J'aimais beaucoup son personnage dans Kaamelott, à la fois totalement irrévérencieux, et fidèle jusqu'à la mort.
En plus il avait une belle gueule !
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Flaming Youth à 19h58
pendant Tiphaine
Salut les bidonautes.
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Stéphane à 13h34
pendant Ca gonfle pour moi
Non
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Forum : Bla bla
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Lèz
Dèppelin
Inscrit depuis le 24/06/2004
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Le groupe LOVE a perdu son génie
Le 06-08-2006 à 07:28:31
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I Will
Survive
Inscrit depuis le 04/11/2003
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Re: Le groupe LOVE a perdu son génie
Le 25-09-2006 à 02:58:20
Oui, triste. Love est un groupe assez sous-estimé ; sans doute inconstant, trop marqué par la personnalité aléatoire de son leader, sans vrai tube, etc…Mais pour les amoureux de la belle balade à grand renforts de cordes, de mélodies qui coupent le souffle… Bref, si les Beach Boys ou les Beatles font partie de votre Panthéon, give Love a chance !
Vivant en Californie, j'ai eu la chance de voir Arthur Lee en concert en 2005 ; voici le compte-rendu de cette soirée qu'à l'époque j'avais posté sur le site yellow-sub.net ; j'ai conservé les petites erreurs d'orthographe d'un texte écrit quelques heures après le concert.
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Une affichette placardée dans les rues passantes du quartier Haight Ashbury (San Francisco) : Love & Arthur Lee se produisent deux soirées au "Café du Nord", la première fois pour interpréter les morceaux de l'album Forever Changes, la seconde fois pour un Greatest Hits. Je m'y rends la première soirée.
Expérience singulière. Celle vécue par quelqu'un qui apprécie énormément la pop sophistiquée à grands renforts d'instruments classiques, et qui admire la richesse mélodique de beaucoup de morceaux de Love. De ce qu'était devenus le groupe et son leader Arthur Lee après ces années 60 oú ils avaient cotoyé les Doors et Jimmy Hendrix, mais sans laisser une trace semblable à leurs frères d'équipée, je ne savais pas grand chose, sinon de vilaines histoires de dope et de prison pour Arthur Lee, et le décès de Brian Mc Lean voici quelques années (pas sûr de l'orthographe), un des compositeurs du groupe (on lui doit, il me semble Orange Skies et Old Man notamment).
Un public d'abord clairsemé en cette soirée frisquette du mois de juin ; le Café du Nord est une petite salle oú l'on peut boire un verre et dîner. Et puis, peu à peu, la salle se remplit… deux cents cinquqnte personnes, à vue de nez. Des jeunes garçons et filles d'une vingtaine d'années jusqu'aux barbus soixantenaires et femmes mûres qui ont connu l'époque oú la côte Ouest des USA tenait la dragée haute aux british et accueillait les routards du monde entier. Bref, une soirée Remember 1967, mais dans une ambiance plutôt bon enfant et clean - on rappelera qu'en Californie, on ne fume pas dans les lieux publics, et que les comportements agressifs sont généralement mal vus.
Si les disques de Love sont vendus un peu partout aux USA et en Europe (ailleurs, je ne sais pas), il faut savoir que même en Californie le goupe ne jouit pas d'une grande popularité ; ce sont des artistes estimés par la critique, mais confidentiels.
Première partie : un groupe que je trouve sans grand intérêt. Et puis, vers 22h00, les musiciens de Love (qu'on prend d'abord pour des roadies, car ils sont jeunes et viennent faire la balance et les réglages sous nos yeux) apparaissent sur scène : ils révèleront une très grande qualité de jeu. Le seul musicien âgé est un Noir - il me semble qu'il fait partie du goupe d'origine (guitare électrique dont je retrouve la nerveuse élégance sur les disques de Love).
Arrive Arthur Lee, alors que le public est en rang serré, et enthousiaste. C'est un public de fans, qui va pardonner les hésitations et les incidents qui ne vont pas manque d'émailler la soirée.
Arthur Lee a environ 60 ans. C'est un rescapé des substances, qui parvient sur scène la démarche un peu lente ; disons qu'à la fatigue due à son âge (et encore, Trénet swinguait jusqu'à 80 ans passés) s'ajoutent sans doute les effets de, au choix, l'alcool/acide/cocher la case souhaitée pris avant le concert… Bref, Arthur Lee est là , souriant, mais un peu chancelant. Il porte un chapeau et un foulard sur la tête ; c'est un Noir (plutôt un métis) au visage lisse, pas un pirate comme Hendrix ou Keith Richards… Et parfois, pendant le concert, il a presque l'air un adolescent malicieux.
Lentement, très lentement, il s'installe sur scène. Il porte une espèce de veste blanche cow-boy, et finit par mettre des lunettes noires. Il prend une guitare électrique dont il ne jouera que très peu, et son harmonica. Le public l'applaudit chaleureusement. C'est un peu confus, mais tout le monde est content d'être là , et lui aussi visiblement. Pour moi, c'est une espèce de voyage dans le temps croisé ; je me projette dans des sixties fantasmées, et sur mon chemin je croise Arthur Lee 2005, qui n'est plus, du mois ce soir-là , le dandy précieux (et sans doute un peu arrogant) qui pose sur les photos multicolores de la période mythique.
C'est un homme fatigué, en petite forme, mais qui a des réserves d'énergie, pas toujours employées pour la cause musicale.
Premiers accors de Alone Again Or… ces arpèges cousins de ceux de Brian Wilson, la clarté de la voix qui nous emmène en voyage vers les cieux somptueux. Et la foule rugit et chante !
Arthur Lee chante aussi… Sa voix est devenue plus rauque, un peu éteinte, elle n'atteint plus les aigus; il chante en martelant les syllabes, en criant un peu, en se plantant un peu dans les paroles…
Et c'est une impression particulière : la joie de le voir et d'écouter ces morceaux magiques, le respect devant cet homme qui a presque fait jeu égal, pendant un instant court et éternel, avec les Beatles de Sgt Pepper… Mais aussi la gêne de le voir s'essoufler, et partir entre deux chansons dans des diatribes contre la police (apparemment, il a eu droit à des descentes chez lui), Bush et Michael Jackson… A grands renforts de motherf…. et de bi… que le public accueille avec indulgence, mais quand même. Il raconte quatre ou cinq fois la même histoire de tremblement de terre ; entre temps il a enlevé son chapeau - découvrant un crane lisse, ce qui le rajeunit paradoxalement - et a fait quelques allusions à la religion (il s'est converti au christianisme, ou quelque chose comme ça - je n'ai pas compris).
D'ailleurs, à plusieurs reprises, les musiciens, sans doute habitués aux digressions du Maître (c'est son statut incontesté), prennent l'initiative de commencer la chanson suivante, et Arthur Lee est bien obligé de suivre. A chaque nouvelle chanson, la salle bat le ryhtme et reprend en chœur : l'album Forever Changes, qui fait du gymkana entre le blues, le rock, le classique, et qui fait se succéder gimmicks musicaux, ruptures et refrains hypnotiques s'y prête parfaitement.
Pour interpréter Old Man, on lui apporte un tréteau avec les paroles. Et à d'autres occasions, quelques plantages ; heureusement le groupe assure sans problème.
Mais c'est vrai que le cœur ne semble pas y être totalement chez Arthur Lee… et chez moi non plus. Rapidement, il abandonne sa guitare et reste sur un tabouret, sa bouteille d'eau à la main. Il s'énerve un peu contre le public, s'amuse, se fatigue.
Après coup, je me suis dit que j'avais assisté à une espèce de messe oú les fidèles croient encore, mais plus le curé.
Arthur Lee est un Noir qui joue pour des Blancs (au moins autant qu'en France, sinon plus, les musiques sont ethniquement marquées aux USA, et cette singularité joue peut-être dans le décalage entre la qulité de la musique de Love et sa réception dans le public, comme si on ne savait pas trop comment classer ces types, les gens aimant tellement ça, le classement - Arthur Lee n'a pas eu le classement, il a juste eu la Classe) ; il a le blues dans le sang, et certains morceaux de Love s'en ressentent - de même que par exemple les Doors flirtent avec cette musique dans certains titres ; et je me demande si Forever Changes n'est pas une parenthèse, de même que les morceaux pop cristallins de l'époque, dans le parcours d'Arthur Lee.
Et c'est un peu triste de le voir, à plusieurs reprises, jouer au ganstarrap de troisième zone. Il n'est pas devenu Ray Charles ou Smokey Robinson ; pour tout dire il a l'air un peu paumé, et conserve en même temps cette distance qui fait que je n'arrive pas à l'aimer tout à fait autant que je voudrais : c'est une espèce de respect un peu déçu que je ressens, et, rentrant chez moi les oreilles repues de cette orgie musicale qu'est Forever Changes, je pense aux années 60, je pense à ces titres qui ont presque quarante ans et qui peut-être rendent indifférent leur auteur lui-même… Sauf le temps d'une soirée oú il se rend compte de l'estime et de l'affection qu'on porte à ses chansons… au mois autant (et peut-être plus, pour ma part) qu'à lui-même.
Voilà !
Amicalement,
Emmanuel
It's All Show-bizz
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mischkathebear
Sain(e) d'esprit
Inscrit(e) depuis le 31/03/2010
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Re: Le groupe LOVE a perdu son génie
Le 31-03-2010 à 13:39:47
Salut,
Je me permets de déterrer ce vieux post pour émettre un avis different de I will (très belle chanson des FabFour au passage).
J'ai eu la chance de voir Arthur Lee en concert en mars 2004 à Lyon dans une boîte (le Loft Club) d'environ 200 personnes avec en prime Sky Saxon & the Seeds en 1ère partie !! Comme ça, ça pourrait sonner comme un blague mais c'est vraiment arrivé !!!
Je passe sur les Seeds (enfin Sky et un groupe de son quartier remontant le répertoire 60's pour la gloire, certainement le poignon mais aussi et avant tout le plaisir de fans qui tout comme moi n'étaient même pas nés quand le groupe a splitté !).
Vers 22h00 Arthur et sa bande arrivent sur scène… j'étais tout devant et contrairement à ce qu'affirme I Will, je pense que le musicien noir avec les cheveux teins en blond est beaucoup plus jeune qu'Arthur. Super énervé, en effet, il a en plus un son d'enfer !
Apparté matos pour les connaisseurs : il joue sur une Gibson ES 335 blanche/crème branchée dans un Fender HotRoad rescent - le solo de "A house is not a motel" !!!. L'autre guitariste a le type mexicain et arbore fièrement sa Rickenbacker 360 sunburst dans un Vox AC30… ces détails peuvent paraître annondins pour le commun des fans mais ils ont leur importance : le choix de ce matos, classique certes mais assez typique des groupes 60's, offre à Love ce soir là un son assez proche de ce qui se faisait à l'époque. Seul Arthur détonne avec une copie Strat Ibanez vraiment moche, branchée dans je ne sais quel ampli à transistor pas top pour les deux ou trois morceaux où il joue de la gratte (très bien d'ailleurs, tout en picking)… le reste du temps, il se contente de l'haromica et du tambourin (qu'il a faili balancer dans la gueule d'un mec au premier rang suite à une incompréhension ! Nerveux le bonhomme !).
Contrairement au concert auquel I Will a assisté à Frisco, Arthur était très en forme ce soir là , une présence majestueuse, habillé tout en noir avec chapeau et foulard sur la tête… plus un poil sur le caillou apparement, ni sur les sourcils… j'ai appris pas la suite qu'il était déjà malade depuis quelques temps (leucémie)… je pense que ce soir là personne (en dehors de ces détails) n'aurait pu s'en douter tant il était vraiment… magnifique !
Et la voix… allucinante, certe un peu plus rauque que dans ces jeunes années mais comparé à Sky (R.I.P.), Arthur semblait avoir beaucoup moins morflé physiquement et mentalement (Sky avait vraiment l'air de travailler de la coup au bol !).
Au programme "Forever changes" en intérgrale et dans l'ordre s'il-vous-plaît, dans des versions un peu plus rock'n'roll (voire parfois limite garage) que sur le disque et les arrangements en moins mais ça sonnait vraiment du feu !
La voix et la présence d'Arthur, le son de ce groupe composé de musiciens expérimentés mais pas démonstratifs, respectaient parfaitement les morceaux de cette pièce d'anthologie trop méconnue et en donnaient une version forcément plus brute… un vrai bonheur.
Ce concert date un peu (6 ans déjà !) mais m'a profondément marqué… il a bonne place dans mon top 5 des 300 ou 400 concerts auxquels j'ai pu assisté depuis une vingtaine d'année.
Tout y était : le(s) mythe(s) – Arthur mais Sky également à sa mesure --, le fantasme de voir la reformation (partielle, certes) deux groupes disparus depuis la fin des 60's, l'energie des backing bands, le son dans ce lieu à priori totalement inaproprié (une boîte pour étudiants bringueurs du week end amateurs de mauvais whisky-coca à 15€ le godet) et sur cette petite scène encadrées de 2 poteaux dont le fond est un mur de brique rouge… c'était presque un voyage dans le temps qui a émerveillé le public et tous mes potes (une dizaine) – ignorants avant cette soirée les deux phénomènes – que j'avais su convaincre ou tout bonnement traîné de force…
Le concert s'est terminé par quelques titres en rappel (dont "A house… " et son solo démoniaque, "Can't explain… ").
Arthur s'en est allé, plus calme qu'à son entrée en scène, apparement ravi et ému par un tel accueil… quelques jeunes et moins jeunes filles versaient quelques larmes en criant "I love you Arthur !" et les étudiants bringueurs arrivaient dans la boîte pour danser sur le tout-venant millésime 2004… "aller… dégager les mômes, y a plus rien à voir !"
Mischka
www.myspace.com/thebuttshakers – Raw Soul Music --
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I Will
Survive
Inscrit depuis le 04/11/2003
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Re: Le groupe LOVE a perdu son génie
Le 01-05-2010 à 00:34:50
Merci de ce message, mischka ! Un autre soir, un autre point de vue…
Si tu me fais la gueule
je vais rester tout seul,
on va rater
nos vacances d'ete
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